LA BORDELAISE 2009 / Bordeaux Cauderan


La septième édition de "La Bordelaise" soutient l’association "Mécénat Chirurgie Cardiaque", qui permet aux enfants défavorisés atteints de malformations du cœur d’être opérés en France lorsque cela est impossible dans leur pays.
Marie-Rose PEDEBOSCQ



Deux mille femmes ont fait le bonheur d'un homme. Franck Lestage sait les faire courir. Hier, le responsable général de La Bordelaise a passé haut la main, son examen d'entrée en 7e : « L'habitude du parc Bordelais était prise depuis 6 ans, mais cela posait des problèmes de stationnement, d'accès, d'engorgement du quartier et de place, avec l'augmentation du nombre de concurrentes. Il y avait un risque à venir au Lac. Je m'étais fixé l'objectif de 2000 concurrentes, il y en a eu 2113, à peine moins que l'an dernier. Un exploit ! Maintenant, on a un an pour apporter des petites améliorations. »
Car à quelques détails près - notamment les croisements sur un bout d'aller et retour -, les concurrentes ont apprécié l'organisation, l'ambiance. Et les bénévoles ont sans doute goûté le confort des installations du casino-théâtre Barrière qui devient du coup le gros sponsor. Car dorénavant, la manifestation vole de ses propres ailes, la Ville ayant retiré sa subvention de 20 000 euros (mais conservé son soutien logistique). Pourtant la Ville sera peut-être la première à bénéficier de la « délocalisation ». Nathalie Delattre, l'adjointe au maire, en charge de cet immense quartier du nord de Bordeaux, est la première à le reconnaître : « C'est l'occasion de faire connaître le parc Floral et tout ce secteur appelé à un grand développement. »
Ça va chauffer
Du parc Bordelais au Lac, un petit changement sociologique s'est opéré mine de rien. La Bordelaise ne serait-elle plus bordelaise ? Ne courons pas si vite : « La plus grande partie des concurrentes des précédentes éditions nous a suivis », poursuit Franck Lestage. « Mais il y en a eu davantage de l'ensemble de la CUB. L'accessibilité y est sans doute pour quelque chose »... malgré la tenue le même jour de Viv'Expo. « En ce qui nous concerne c'est toujours le dernier week-end de septembre. »
« Levez le bras gauche ! Levez le bras droit ! Frappez dans les mains ! Envoyez la musique ! » Au pied du camion podium, la séance d'échauffement de toutes ces femmes en rose était à mi-chemin entre l'ambiance salle de sport et une séance de gym à la chinoise, vu le nombre.
Elles ont encore le sourire, mais ça va chauffer. Les voilà qui s'élancent comme... un seul homme. Bon, bon, d'accord. Comme une seule femme. Méfions-nous, elles courent vite ! Elles ont avalé les 4 ou 8 km des deux parcours avec une vélocité surprenante. Les fleurs du parc leur ont donné des ailes.
Certaines étaient venues entre copines, comme ce groupe des cinq de Beychac et Caillau qui se sont rencontrées en faisant du Taïso (sport japonais). Elles se sont partagées la tâche : Josiane et Carline sur la Petite Bordelaise, les deux Véro et Pascaline sur l'autre.
Les ricaneurs qui se gausseraient des concurrentes du petit parcours pouvaient toujours essayer de suivre la gagnante, Marine Étienne, qui n'est pas franchement une débutante : « Je voulais commencer doucement, parce qu'ensuite, j'enchaîne sur la saison de cross et de route. » Marine est au Léognan-BEC.
Le record à l'applaudimètre a été battu par Nicole Lahore, bonne dernière devant le vélo balai. Le public et toute sa famille lui ont fait une ovation. Son compagnon l'a embrassée à bouche que veux-tu, elle le méritait : « Je ne pensais pas que ce serait aussi dur, surtout la fin. Mais vous savez, j'ai 62 ans et j'ai traversé des maladies graves. » Nicole qui habite Bacalan, court tous les jours jusqu'à 6 ou 7 km.
Mère courage
Du courage, Marilyn Guiriec n'en manque pas non plus : « J'ai deux enfants de 4 et 6 ans. Je me suis remise à courir deux mois après l'accouchement. Très tard le soir, très tôt le matin. Je suis éducatrice, mon ami est basketteur professionnel. Côté horaires, ce n'est pas facile. » En prime, la course n'est pas sa tasse de thé. « ça me fait souffrir, c'est la cata. Pourtant, je suis sportive. Je fais de l'équitation, de vélo, du sport en salle... Je me lance un défi. Je veux faire un semi-marathon. » Pour se donner du courage et le rythme, elle court en musique.
Même Poitiers est venu jusqu'à la Bordelaise : « Je reviens spécialement pour la course, avec Maeva, ma fille », dit Dominique qui a retrouvé Brigitte : « On a fait les Sénégazelles ensemble. » Allez, encore un p'tit peu de bordelaise pour la route : « Parce que cet après-midi, je travaille. » Fatima est infirmière. Elle est venue avec Hélène, amie et collègue : « Ne vous inquiétez pas. J'ai bien dormi cette nuit et je dormirai encore mieux la nuit prochaine. »
Hélène confirme : « Si on fait ça, c'est aussi pour être en forme. » Et qu'est-ce que ça fait du bien quand ça s'arrête.
